👁️ l'idée
La Ralph Eyeball Loop
Un texte, on le relit pour le corriger. Un graphique, non. Alors regardez-le vraiment, puis corrigez ce que l'œil a repéré et regardez encore.
Dans Sprezzature, c'est une IA qui exécute elle-même cette boucle, refusant de se fier à une figure qu'elle n'a pas regardée.
Ce qui cloche est dans les pixels
Le code qui dessine un graphique peut être correct et le graphique quand même faux. Une étiquette part hors du cadre. Une légende se pose sur les données. Deux points se superposent exactement. Une palette rouge-vert devient une seule couleur trouble pour qui ne les distingue pas. Rien de tout cela n'apparaît quand on lit le code, seulement quand on voit le résultat.
Un texte, c'est facile : on le relit et l'erreur est là. Une image, non. Le seul test honnête d'une image, c'est de la regarder.
La boucle, en quatre temps
- 1
Rendre. Transformer ce que vous avez fait (un graphique, un diagramme, une carte, une page entière) en une simple image, avec un outil déterministe. Sans modèle, sans supposition : la même entrée donne la même image à chaque fois.
- 2
Regarder. Étudier vraiment l'image. Ce que vous voulez montrer est-il la première chose que l'œil trouve ? Quelque chose est-il coupé, à l'étroit ou par-dessus autre chose ?
- 3
Corriger la source. Changer la description, pas l'image. L'image n'est jamais que la preuve.
- 4
Recommencer. Rendre, regarder, corriger, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien à repérer. Alors on livre.
Fabriquer, auditer, puis regarder
Trois gestes sont au fond de tout, dans Sprezzature. On fabrique la chose à partir du code, pour qu'elle se reproduise à l'identique et porte ses propres données. On l'audite par une passe statique sur la source, qui attrape ce que le balisage peut déjà dire : une échelle arc-en-ciel, un filtre de flou, un titre manquant. Puis on regarde, parce que la justesse se joue dans les pixels.
Fabriquer prouve que ça tourne. Auditer prouve que la source est propre. La boucle prouve que le résultat se lit. Chaque geste attrape ce que les deux autres laissent passer, et ensemble ils transforment « le fichier s'est exporté » en « la figure tient ». C'est là qu'est la force : un circuit court et honnête, qu'on répète jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien à corriger.
La boucle va jusqu'à l'accessibilité. Juste après le rendu, un simulateur de vision des couleurs redessine l'image comme la verrait une personne daltonienne, et en simples niveaux de gris. Si une série ou un signe plus-ou-moins disparaît une fois la couleur ôtée, c'est un défaut qu'on corrige avant de livrer, pas une note de bas de page.
Des yeux qu'on n'a pas
C'est la conséquence qui mérite qu'on s'y arrête. Une personne à la vision des couleurs normale ne peut pas voir sa propre figure comme la voit un lecteur daltonien, et aucun soin n'y change rien, car l'information n'est pas dans son œil. Le simulateur rend ces autres points de vue, et la boucle permet de les regarder. L'accessibilité cesse d'être une case qu'on coche de confiance : elle devient quelque chose qu'on voit et qu'on corrige. Un contrôle qu'une personne ne peut pas faire physiquement devient un geste ordinaire.
Les niveaux de gris sont le test unique le plus tranchant. La cécité totale aux couleurs est rare, mais une figure qui se lit sans aucune couleur se lit sous toute déficience plus légère. Si l'histoire survit au gris, elle survit à tout le monde.
La palette porte aussi un niveau d'accessibilité. Le défaut est universel, déjà sûr pour la vision des couleurs, et des variantes haut-contraste, monochrome et propres à chaque déficience sont là à la demande. Une figure devient une petite échelle de rendus, et la boucle la gravit : rendre chaque niveau, simuler, regarder. On confirme que le défaut se lit pour tous, et que chaque niveau plus fort tient sa promesse, avec les mêmes yeux dans la même boucle.
Qui fait le regard ?
Par défaut, l'agent qui a écrit le code fait le regard : le même agent, mais qui examine sa propre sortie au lieu de lui faire confiance. Un petit modèle de vision peut aussi faire le regard si vous le demandez.
Dans les deux cas, la partie qui transforme le code en image est simple et déterministe. Elle n'a aucun avis. C'est une boucle de revue prescrite, pas une boîte noire qui vous note. Vous restez aux commandes ; la boucle garantit seulement que quelqu'un a bel et bien regardé.
Pourquoi tout est bâti autour
Bien des outils font une capture d'une page web et la vérifient. Nous pointons la même discipline vers le plus difficile : graphiques, tracés statistiques, diagrammes et cartes. C'est ce qu'on livre d'habitude sans jamais regarder, parce que le code a tourné et que le fichier s'est enregistré.
Cette habitude fait toute la différence entre une figure qui s'exporte et une figure qui se lit vraiment. C'est ainsi que chaque figure de la galerie atteint la qualité impression : nous avons regardé le résultat et refusé de livrer tant qu'il ne tenait pas.